22.05.2011
Pourquoi moi ?
Je me suis souvent demandé les raisons qui poussaient les jeunes à entrer au séminaire.
Est-ce une vocation au sens monastique du terme ? L'appel irrésistible de Dieu vers le sacerdoce ? Ou est-ce la notion de bien commun ?
Je penche personnellement pour la seconde hypothèse. Non pas que la première me semble absurde mais si peu probable.
Le bien commun: voila la clef de voute de ce qui me hante.
Si l'on y réfléchit, froidement mais surement, le bien commun nous concerne tous. Et ce n'est pas à nous de décider si l'on "est fait" ou "pas fait" pour la vie sacerdotale. Certes, la décision nous appartient, mais aujourd'hui (et moi le premier je pense), beaucoup prétendent "ne pas être fait pour ça".
La chose peut effrayer au premier abord. Certes. L'état du prêtre n'est pas un état de vie normal. Certes. Cependant beaucoup sont appelés.
Mais combien se posent la question ?
Et sur ceux qui se posent la question, combien osent aller jusqu'au bout de leur décision ? Il ne m'appartient pas de juger. Ils ont l'immense mérite d'avoir essayé.
Mais refuser la vocation sacerdotale est grave. Se dire qu'on aura pas la force, pas le courage, pas les épaules. Triste raisonnement. Si Dieu fait naître cette vocation, c'est que, par ses grâces, il aidera tout au long du parcours.
Nous sommes loin du ratio "1 enfant sur 3" dont nous parlait St Jean Bosco.
Si je m'interroge, c'est a cause de mes nombreux amis qui sont partis la bas. Et aussi a cause de ça:
Un jour mon curé m'a invité chez lui. Tranquillement il me sort qu'il pense que j'ai la vocation. Curieux, je ne m'étais jamais posé la question. Sur le coup j'ai souris, je lui ai dit que j'y réfléchirais mais que de mon coté, je ne pensais pas l'avoir.
J'ai pas dormi de la nuit.
Le lendemain, complètement abruti par une nuit blanche je suis retourné chez lui.
"Alors pourquoi moi ?
-Et pourquoi pas ?
-Mais j'aime bien les filles et puis..(il m'a coupé net à ce moment la)
-Faut bien chercher pour trouver un prêtre qui n'aime pas les femmes.
-Mais j'ai peur que ce soit pas ma voie...
-Et le mariage tu es sur que c'est la tienne?
-Mais si je ne rentre pas au séminaire, c'est pas un drame, il y a d'autres prêtres !!
-Si tout ceux qui se posent la question réfléchissent comme toi dans 50 ans l'Eglise est morte.
-Tout de suite l'exagération... Je dis juste que je ne me vois pas prêtre.
-Le choix est difficile, c'est un fait. Mais vaux il mieux essayer pour découvrir que ce n'est pas ta voie ou vivre toute sa vie avec le remords de s'être trompé ? Bon nombre de jeunes sont sortis au bout de 2/3 ans..."
Je peux vous dire que ça m'a trotté dans la tête un bon moment. Ca va faire un an, et j'ai toujours pas de réponse.
Ce saint prêtre a gagné ce qu'il voulait, me faire réfléchir.
21:43 Écrit par leréac dans Spirituel (mais pas negro...) | Lien permanent | Commentaires (3)



Commentaires
Criant de vérité votre post !
Il m'a semblé me retrouver dans ce que vous disiez avec cependant un léger doute sur ce que vous dites au début du post:
"Est-ce une vocation au sens monastique du terme ? L'appel irrésistible de Dieu vers le sacerdoce ? Ou est-ce la notion de bien commun ?
Je penche personnellement pour la seconde hypothèse. Non pas que la première me semble absurde mais si peu probable."
La vocation se manifeste différemment selon les gens mais le but poursuivi reste toujours le même: le bien commun. Certains iront par "devoir" (le mot est surement mal choisi mais je n'en voit pas d'autres) et d'autres car c'est leur vocation depuis toujours. Mais dans tout les cas la notion de bien commun est présente.
Vos posts sont au demeurant forts sympathiques !
Bon courage
Écrit par : Guillaume | 24.05.2011
Répondre à ce commentaireEt, oui, en effet, bon post, tout comme le précédent. On va crescendo, chez vous, dites-moi. "Mais jusque où ira-t-il?"
Deux petites digressions sur vos réflexions:
Je confirme que l'on ne dort pas beaucoup les nuits qui suivent une discussion au cours de laquelle un prêtre vous annonce qu'il pense que vous avez la vocation. Cela fait bigrement réfléchir. Mais ici, les prêtres ne font que nous mettre face à notre vie. Au pied du mur, en somme. Ensuite vient le moment où il faut faire un choix. Et là, on se sent petit, on aimerait bien que quelqu'un le fasse pour nous, ce serait tellement plus confortable. Nous sommes libres de faire ce que nous voulons de notre vie, et cette liberté est effrayante à l'heure des choix. Mais c'est en faisant des choix que l'on devient un homme, même si c'est parfois très dur. Enfin je pense. La liberté, nos contemporains la clament à tort et à travers. Mais bon nombre d'entre eux préfèrent se laisser vivre sans se poser de question, retarder les choix importants jusqu'à les oublier, et exclure du même coup l'absolu de leur vie.
Autre point, le bien commun est bien sûr une motivation primordiale, mais je pense que le but premier des séminaristes comme des prêtres est le bonheur, le choix de Dieu pour combler pleinement leur vie. A travers l'exercice du sacerdoce, et donc le service du bien commun.
Et en effet, si l'on est amené à penser au sacerdoce, mieux vaut rentrer au séminaire et y renoncer en découvrant que Dieu nous réserve autre chose, que refuser ce choix et se rendre compte, une fois marié et tout et tout, que l'on avait la vocation et que l'on a laissé passer sa chance. Un prêtre m'a raconté un jour le cas d'un homme à qui cela est arrivé. Il n'arrivait pas à être heureux.
Je me suis comme vous posé la question pendant plus d'un an. Passé un certain moment, je pense qu'il ne reste plus qu'à aller chercher la réponse là où elle se trouve. Un questionnement aussi fort, c'est peut-être déjà un appel.
Quoiqu'il arrive par la suite, il reste au moins une certitude suffisante pour rendre un homme heureux: celle de savoir qu'il suit le bon chemin, celui que Dieu a voulu pour lui.
Sur ce, bonne soirée!
Bien à vous,
$crooge.
PS: Bravo pour la bannière de votre blog, on a beau dire, ça habille tout de même...
Écrit par : $crooge Mc Duck | 24.05.2011
Répondre à ce commentaire@$crooge vous me faites penser à OSS 117: "vous étiez belle hier, vous êtes magnifique aujourd'hui, j'attend demain avec impatience"
Alors oui c'est vrai il faut un jour se décider mais sans aller jusque à entrer au séminaire, une retraite de discernement peut être efficace, au même titre qu'un père spi ...
@Guillaume la première forme est plus rare dans le monde actuel. C'est la raison pour laquelle j'y crois moins.
Écrit par : Lereac | 25.05.2011
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